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Kolda
La mort d’un suspect au commissariat déclenche des émeutes
lundi, 16 avril 2007 / Abdou DIAO
Le samedi 14 avril dernier, la ville de Kolda renoué avec la violence. Tout est parti du décès d’un suspect dans les locaux du commissariat urbain. Le jeune Doomu Yaye de son vrai nom Dominique Loppy était accusé d’avoir volé un sac de riz et un poste téléviseur dans la maison de Mamadou lamine Drame président du conseil régional de Kolda voisin.

Les policiers qui menaient l’enquête se sont rendu vendredi dans le domicile du prévenu menotté comme un gros caïd pour rechercher le butin. La fouille ne donne rien. Mais la mère du suspect qui a vu son fils déjà mal au point « aurait déjà supplié les limiers de ne pas le tuer ». Malheureusement, selon les grands frères du prévenu témoin de la situation, « un des policiers aurait répondu que si celui si ne leur montre pas le butin, ils le tueraient » . Et grande fût leur surprise de voir que le suspect est mort le samedi matin. Sa famille et ses proches se sont vite regroupées devant la porte du commissariat. Très vite la nouvelle s’est répandue dans la ville. Les jeunes organisés spontanément décident de se faire justice car, selon eux, Dominique Loppy aurait été par la bavure policière.

Du côté de la police, les manifestations ont vite débordé les ont dépassés compte tenu du manque d’effectifs mais aussi et surtout de la « détermination des jeunes prêts à en découdre avec des flics agissant à la solde du président du conseil régional ». Les jeunes sont allés très vite piller la maison de Mamadou Lamine Drame au quartier Doumassou avant de passer attaquer l’hôtel de police où les occupants n’ont eu leur salut qu’à l’intervention des soldats du camp Moussa Molo. N’empêche l’hôtel a été pillé et une pluie de pierre a fortement dégradé l’infrastructure. La maison de Drame elle a été totalement détruite par les flammes, les badauds ont emporté ce qui pouvait l’être. Dans l’après-midi, les manifestants sont allées dans la maison d’un brigadier en chef accusé d’avoir participer à la torture de la victime. Sa maison a été totalement détruite. L’intervention rapide des autorités administratives a arrêté la spirale. Des condoléances ont été présentées à la famille éploré avec des promesses fermes de mener une enquête impartiale sur l’affaire.

Une autre rencontre avec les jeunes manifestants s’est tenu pour les réitérés les mêmes promesses et rassurés que force restera a la loi et que nul fût un homme de tenu n’est au-dessus de la loi. Entre temps un renfort de GMI venus de Ziguinchor à remplacer les militaires mal préparer au maintient de l’ordre.

Pour ce dimanche le calme est revenu, mais les jeunes se réorganisent et demande la démission de Mamadou Lamine Dramé de la présidence du conseil régionale ; sinon ils vont s’en prendre a l’institution. Il est accusé d’utiliser sa position pour accuser les jeunes de vol. « Dramé est le symbole de l’incompétence. En plus s’il veut perturber le climat social il sera interdit de venir a Kolda. Une demande marche pacifique sera introduite pour dénoncer la situation et accélérer le départ du président du conseil régional et réclamer que justice soit faite pour le repos de l’âme de Doomu Yaye » a estimé un des leaders des manifestants qui rencontraient la presse. Un appel a été lancé aux cadres de la localité pour solliciter les avocats et déposer une plainte contre ce qu’ils appellent « les abus de certaines autorités ».

Du côté de la police, on refuse de communiquer sur la question. Le procureur de la République a réaffirmé que force resterait à la loi, qu’une autopsie va être fait pour déterminer les circonstances de la mort. Du côté de la famille, les négociations sont engagées pour calmer les douleurs car certains menacent d’aller solliciter les forces occultes pour se faire justice. Une menace prise très au sérieux pour ceux qui savent ce que peut faire le « Dialan » (fétiche).